On entend souvent dire que « pour enseigner, il suffit de bien connaître sa matière ». Pourtant, les enseignants titulaires passent cinq années à se former : licence, master MEEF, concours, stage. Que gagnent-ils exactement pendant tout ce temps ? Et surtout, quelle différence cela fait-il dans la qualité d'un cours ?
Ce que l'on apprend pendant ces cinq années
Un futur enseignant ne passe pas cinq ans à réviser sa discipline : il la maîtrise déjà en entrant en master. Ce qu'il apprend, c'est un métier, avec ses gestes propres :
- transmettre une notion à quelqu'un qui ne la possède pas encore ;
- construire une séance, puis une progression, puis une année entière ;
- évaluer autrement qu'en mettant une note en bas d'une copie ;
- composer avec le fait qu'aucun élève n'apprend comme son voisin.
Ce sont ces quatre chantiers que l'on retrouve — ou pas — dans un cours.
La didactique : un savoir invisible mais essentiel
La didactique d'une discipline — la manière dont elle s'enseigne et s'apprend — est l'apport le plus discret de la formation. Un enseignant formé en mathématiques connaît les obstacles classiques : la confusion entre périmètre et aire, la marche que représente le passage du calcul arithmétique au calcul algébrique, les représentations fausses que les élèves se font des fractions.
Devant une erreur, il ne se demande donc pas seulement « comment la corriger ? », mais « d'où vient-elle ? ». C'est toute la différence entre refaire l'exercice à la place de l'élève et lui donner le moyen de le refaire seul.
Ce que cela donne, vu de la salle de cours
D'un enseignant à l'autre, tout change
Un enfant peut décrocher en mathématiques une année et remonter la suivante, dans le même établissement et avec le même programme. Ce qui a changé, c'est la personne qui se tient devant lui. C'est d'ailleurs ce que nous entendons le plus souvent au premier cours : rarement « le programme est trop dur », très souvent « je ne comprends rien à sa façon d'expliquer ».
L'expérience compte, mais elle ne suffit pas
On progresse vite dans les premières années d'exercice, puis la courbe s'aplatit. Répéter le même cours pendant quinze ans ne rend pas meilleur, cela rend seulement plus à l'aise.
Ce qui continue de faire progresser, c'est de reprendre ce qui n'a pas fonctionné. Un exercice que trois élèves sur six ratent au même endroit dit quelque chose sur l'exercice, pas seulement sur les élèves.
Les cinq dimensions que la formation développe
1. La planification didactique
Un enseignant formé ne se contente pas de « faire le chapitre suivant dans le manuel ». Il construit une progression réfléchie, avec des objectifs clairs, des prérequis identifiés et des étapes de vérification.
2. La qualité du retour fait à l'élève
Tous les retours ne se valent pas. « C'est faux » n'apprend rien. « Ta méthode est la bonne, l'erreur est à la troisième ligne, regarde le signe » apprend quelque chose. La formation enseigne à viser la tâche plutôt que la personne, et à être précis plutôt qu'encourageant à vide.
3. La différenciation
Chaque élève apprend différemment. La formation apprend à repérer ces différences, à varier les supports, à adapter le niveau d'exigence sans baisser l'ambition. Différencier, ce n'est pas donner moins à celui qui peine : c'est lui donner autrement.
4. La gestion de la motivation
Encourager sans créer de dépendance au compliment, faire naître l'envie de comprendre plutôt que la peur de la note, rendre l'élève capable de se passer de nous : ces gestes s'apprennent.
5. L'évaluation formative
Évaluer ne sert pas qu'à noter. Une évaluation peut situer un élève avant de commencer, vérifier que l'explication est passée, décider s'il faut avancer ou reprendre. Un enseignant formé sait concevoir ces évaluations, ajuster son cours en fonction, et associer l'élève à l'analyse de ses propres erreurs.
Pourquoi cela compte encore plus en petit groupe
Nos séances réunissent six élèves au maximum, deux heures le samedi. Six élèves, ce sont six points de départ dans la même salle : l'un bute sur les fractions, l'autre sur la rédaction, le troisième sait faire mais n'ose pas se lancer.
Tenir ce cadre demande exactement ce que la formation développe : diagnostiquer vite, faire travailler chacun à son niveau sans immobiliser les autres, choisir l'exercice qui servira au plus grand nombre. Un étudiant qui connaît très bien le programme peut expliquer une notion. Conduire six progressions en parallèle pendant deux heures est un autre métier.
C'est pourquoi nos cours sont assurés par des enseignants formés et certifiés par l'Éducation nationale : Jonathan enseigne les mathématiques et la physique-chimie depuis douze ans et siège comme jury au Baccalauréat ; Charlotte, agrégée de Lettres, enseigne le français depuis quatorze ans.
Vous souhaitez que votre enfant travaille avec un enseignant formé et expérimenté ? Réservez une séance : le samedi, 48 bis rue d'Alésia, par groupes de six élèves au maximum.