Le soutien scolaire est devenu un réflexe pour beaucoup de familles françaises : dès qu'une moyenne décroche, on cherche quelqu'un. La question qui suit est presque toujours la même : est-ce que ça marche ? Elle est mal posée. Un accompagnement peut transformer une année scolaire ou n'être qu'une ligne de dépense de plus, sans effet visible. Tout dépend de la façon dont il est mené. Voici ce que nous observons, séance après séance.
L'ampleur du phénomène en France
Il suffit de compter les vitrines d'agences dans une rue commerçante, ou les petites annonces de cours particuliers sur les panneaux d'un quartier comme le nôtre, pour mesurer la place qu'occupe le soutien privé en France. Le collège et surtout le lycée en sont les gros consommateurs, avec un pic en Terminale, et trois domaines concentrent l'essentiel de la demande : les mathématiques, le français et les langues.
Une chose mérite d'être dite d'emblée, parce qu'elle est rarement formulée : le soutien privé se paie. Il va donc d'abord aux familles qui en ont les moyens. On peut en attendre beaucoup pour un élève donné ; on ne peut pas en attendre qu'il réduise les écarts entre élèves, puisque, par construction, il profite à ceux qui peuvent l'acheter. Raison de plus pour regarder froidement ce que l'on achète.
Une question mal posée
Demander « le soutien scolaire est-il efficace ? », c'est demander « le sport est-il bon pour la santé ? ». Cela dépend duquel, à quelle dose, et dans quelles conditions. Le même nombre d'heures peut produire un élève qui se remet à travailler seul, ou un élève qui ne sait plus rien faire sans quelqu'un à côté de lui. La seule question qui vaille est donc celle-ci : qu'est-ce qui distingue les deux ?
Ce qui fait qu'un accompagnement fonctionne — ou pas
Nous voyons arriver chaque année des élèves déjà accompagnés ailleurs, parfois pendant deux ans, sans que rien n'ait bougé. Les causes se répètent au point d'en devenir prévisibles.
Ce qui aide :
- Un intervenant qui connaît le programme, les attendus de l'examen et la façon dont les copies sont corrigées.
- La régularité : un rendez-vous hebdomadaire tenu de septembre à juin fait plus qu'un rattrapage intensif au printemps.
- Un diagnostic au départ : savoir si le problème vient des bases, de la méthode, de l'organisation ou de la confiance change tout ce qui suit.
- Un travail explicite sur la méthode et l'autonomie, et pas seulement sur le chapitre en cours.
Ce qui n'aide pas :
- Commencer trop tard, quand il ne reste que quelques semaines avant l'épreuve.
- Refaire les exercices du cours sans jamais interroger la manière dont l'élève travaille chez lui.
- Ignorer ce qui se passe en classe : les remarques du bulletin, les consignes du professeur, les erreurs qui reviennent sur les copies.
- Un intervenant qui maîtrise la matière mais n'a jamais enseigné : savoir faire et savoir faire comprendre sont deux métiers différents.
Le paradoxe de la quantité
Voici ce qui surprend le plus les familles : les élèves qui cumulent le plus d'heures d'accompagnement ne sont pas ceux qui progressent le plus. Nous le constatons régulièrement, et l'explication n'a rien de mystérieux.
D'abord, un élève très accompagné peut cesser d'écouter en classe : « de toute façon, on le reverra samedi ». Or les heures de cours ne se remplacent pas : c'est là que le professeur dit ce qu'il attend, ce qu'il évaluera, ce qu'il tient pour acquis.
Ensuite, un emploi du temps saturé ne laisse plus de place au seul moment qui fasse vraiment progresser : celui où l'élève est seul devant un exercice, sans aide, et doit s'en sortir. Un accompagnement qui supprime cet inconfort supprime aussi l'apprentissage.
Enfin, la dépendance s'installe vite. Un élève à qui l'on souffle la première ligne de chaque exercice finit par attendre qu'on la lui souffle. Le jour de l'épreuve, personne ne la lui soufflera.
Le soutien gratuit de l'école : utile, mais rarement suffisant
L'Éducation nationale propose ses propres dispositifs : accompagnement personnalisé au collège et au lycée, « Devoirs faits », stages de remise à niveau pendant les vacances. Ils sont gratuits, et il serait absurde de ne pas commencer par là.
Leur limite tient rarement aux personnes qui les animent, souvent aux conditions dans lesquelles ils se tiennent. L'accompagnement personnalisé glisse facilement vers une heure d'aide aux devoirs pour la classe entière ; et faire le travail du soir n'est pas la même chose que reprendre une notion mal comprise deux ans plus tôt. Ces dispositifs dépannent. Ils ne remplacent pas un vrai temps de remédiation.
Que retenir pour les familles ?
La qualité prime sur la quantité
Mieux vaut deux heures par semaine avec quelqu'un qui sait où il va que six heures avec quelqu'un qui improvise. Avant d'ajouter des heures, demandez-vous ce que les précédentes ont produit.
Privilégier l'autonomie à la dépendance
Un bon accompagnement doit avoir pour objectif de se rendre inutile. Si, après un an, votre enfant est toujours aussi dépendant, quelque chose ne fonctionne pas — et ce n'est pas une séance de plus qui le réglera.
Exiger un bilan et un suivi
Un accompagnement sérieux commence par un diagnostic et se poursuit par des points réguliers. Si l'on ne peut pas vous dire où en est votre enfant, ce qui progresse et ce qui bloque encore, changez d'accompagnant.
C'est exactement ce que nous cherchons à faire : des groupes de six élèves au maximum, le samedi, deux heures d'affilée, rue d'Alésia, avec des enseignants qui connaissent les programmes et la façon dont les copies sont corrigées. Découvrez notre approche ou réservez une séance.